{"id":110,"date":"2016-01-10T00:03:22","date_gmt":"2016-01-09T23:03:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laconflagration.com\/meduse\/?p=110"},"modified":"2016-01-10T00:03:59","modified_gmt":"2016-01-09T23:03:59","slug":"bombard-naufrage-volontaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.laconflagration.com\/meduse\/2016\/01\/10\/bombard-naufrage-volontaire\/","title":{"rendered":"Bombard : Naufrag\u00e9 volontaire"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter\" src=\"http:\/\/s2.lemde.fr\/image\/2005\/07\/20\/534x0\/673859_7_f0e0_alain-bombard-le-23-mai-1952-dans-le-port-de.jpg\" alt=\"\" width=\"534\" height=\"356\" \/>Alain Bombard, n\u00e9 le 27 octobre 1924 dans le 5e arrondissement de Paris et mort le 19 juillet 2005 \u00e0 Toulon, est un docteur en biologie humaine. Sa sp\u00e9cialit\u00e9 de m\u00e9decin est donc celle d&rsquo;un biologiste fran\u00e7ais, plus orient\u00e9 vers la recherche appliqu\u00e9e que vers le soin direct aupr\u00e8s des patients. Il est connu pour sa travers\u00e9e en solitaire de l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique, d&rsquo;une dur\u00e9e de 65 jours, \u00e0 bord d&rsquo;un canot pneumatique en 1952. Son exp\u00e9rience lui a permis d&rsquo;\u00e9noncer diff\u00e9rentes r\u00e8gles de survie en mer, qui ont fait l&rsquo;objet de vives critiques. Il a \u00e9t\u00e9 fait Gloire du sport. De son vivant, son patronyme est devenu un nom commun, le \u00ab Bombard \u00bb d\u00e9signant un canot pneumatique de survie auto-gonflable et insubmersible qui \u00e9quipe les navires du monde entier.<\/p>\n<p>Il raconte dans Naufrag\u00e9 volontaire qu&rsquo;un jour de printemps 1951, on lui am\u00e8ne les corps de 41 marins morts dans le naufrage de leur chalutier nomm\u00e9 Notre-Dame de Peyragues et que d\u00e8s lors sa vie change. En effet, il d\u00e9cide \u00e0 la suite de ce drame de trouver des solutions pour augmenter les chances de survie en cas de naufrage et r\u00e9duire le nombre des \u00ab 50 000 personnes qui meurent par an dans des bateaux de sauvetage \u00bb (sur 200 000 d\u00e9c\u00e8s annuels en mer). Cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencheur qu&rsquo;il raconte n&rsquo;a en fait jamais exist\u00e9. En revanche les Archives Nationales mentionnent le naufrage du chalutier Notre-Dame de Peyragudes le 4 d\u00e9cembre 1950, faisant 10 morts et 6 survivants.<\/p>\n<p>Il commence par s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 la faim, la soif et \u00e0 la fatigue en 1951. Pour cela il traverse la Manche \u00e0 la nage enduit de graisse pour \u00e9viter l&rsquo;hypothermie. En panne de moteur sur un Zodiac, il raconte avoir d\u00e9riv\u00e9 trois jours au large de Boulogne avec juste pour manger une plaquette de beurre, ayant \u00e9vit\u00e9 la d\u00e9shydratation en avalant de petites quantit\u00e9s d&rsquo;eau de mer. Il quitte l\u2019h\u00f4pital de Boulogne et, gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9c\u00e8ne qui lui offre une bourse d&rsquo;\u00e9tude, il obtient un poste de chercheur disposant d\u2019un laboratoire \u00e0 l&rsquo;Institut oc\u00e9anographique de Monaco, o\u00f9 il r\u00e9unit et \u00e9tudie une vaste bibliographie sur les naufrages, les techniques de p\u00eache, les vents, analysant la composition de l&rsquo;eau ainsi que le comportement des naufrag\u00e9s, \u00e9tudiant de plus pr\u00e8s les canots gonflables. Il est persuad\u00e9 que l&rsquo;on peut survivre apr\u00e8s un naufrage, avec un minimum de nourriture (en filtrant notamment le plancton, riche en vitamine C, pour combattre le scorbut) et surtout d&rsquo;eau, qu&rsquo;elle vienne de la pluie, des poissons (en les pressant) ou d&rsquo;eau de mer. Il ne lui reste maintenant plus qu&rsquo;\u00e0 prouver qu&rsquo;il a raison, ce dont il va faire la d\u00e9monstration sur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>S&rsquo;\u00e9tant sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions de survie en mer il obtient l&rsquo;autorisation de naviguer en haute mer du secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 la Marine et part donc de la principaut\u00e9 le 25 mai 1952 avec un marin anglais de rencontre, Jack Palmer, \u00e0 bord d&rsquo;un canot pneumatique Zodiac : L&rsquo;H\u00e9r\u00e9tique est un Zodiac de 4,65 m\u00e8tres de long, b\u00e2ch\u00e9, gr\u00e9\u00e9 d&rsquo;une voile d&rsquo;Optimist et avec de rares \u00e9quipements, dont un sextant, un filet \u00e0 plancton, des cartes et quelques livres. Apr\u00e8s 18 jours d&rsquo;errance, ils touchent terre aux \u00eeles Bal\u00e9ares puis se font remorquer \u00e0 Tanger mais ses d\u00e9tracteurs s&rsquo;en donnent \u00e0 c\u0153ur joie : comme ils n&rsquo;avaient p\u00each\u00e9 que deux m\u00e9rous, un cargo a d\u00fb se d\u00e9router pour fournir un ravitaillement d&rsquo;urgence aux deux marins \u00e9c\u0153ur\u00e9s du plancton. Apr\u00e8s un aller-retour \u00e0 Paris o\u00f9 il en profite pour voir sa fille qui vient de na\u00eetre (il vient de se marier en secondes noces le 15 juillet 1952 \u00e0 Ginette Brunon, avec qui il aura cinq enfants) et convaincre ses m\u00e9c\u00e8nes et commanditaires h\u00e9sitants, il repart \u00e0 Tanger o\u00f9 L&rsquo;H\u00e9r\u00e9tique est convoy\u00e9 en cargo. Palmer ayant d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;abandonner alors que ce bourlingueur est le seul \u00e0 savoir faire le point avec le sextant, Bombard reprend seul la mer le 13 ao\u00fbt 1952, faisant escale \u00e0 Casablanca et \u00e0 Las Palmas, qu&rsquo;il quitte le 19 octobre pour la grande travers\u00e9e. Bient\u00f4t il se retrouve sans rien \u00e0 l&rsquo;horizon, au bon vouloir du vent et des courants.<\/p>\n<p>Les premiers jours, il se nourrit comme pr\u00e9vu : eau de mer et jus de poissons. Mais il devra attendre 3 semaines pour voir la pluie. Petit \u00e0 petit, la peur de la mort (il r\u00e9dige son testament le 6 d\u00e9cembre 1952), les diarrh\u00e9es et la perte de poids l&rsquo;affaiblissent. La mer se d\u00e9cha\u00eene et l&rsquo;oblige \u00e0 \u00e9coper sans arr\u00eat et toujours avec les moyens du bord : sa chaussure ou son chapeau. Il a de la chance de croiser le cargo l&rsquo;Arakaka \u00e0 qui il fait signe. Le capitaine l&#8217;embarque \u00e0 bord, corrige son erreur de navigation de 600 milles et lui donne un repas, \u00ab un \u0153uf sur le plat, un tr\u00e8s petit morceau de foie de veau, une cuiller\u00e9e de choux et deux ou trois fruits \u00bb, mais il refuse d&rsquo;abandonner car ce serait donner raison \u00e0 tous ses d\u00e9tracteurs. Les derni\u00e8res semaines seront tr\u00e8s dures mais il finira par toucher terre \u00e0 la Barbade le 23 d\u00e9cembre 1952 apr\u00e8s 113 jours de mer. Il est dans un \u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9plorable : souffrant d&rsquo;an\u00e9mie et ayant perdu 25 kilos, il doit \u00eatre hospitalis\u00e9.<\/p>\n<p>De retour en France, il est attendu par de nombreux journalistes et sa popularit\u00e9 augmente, bien que certains doutent et le soup\u00e7onnent d&rsquo;avoir trich\u00e9. Avec le r\u00e9cit de cette aventure, Naufrag\u00e9 volontaire, publi\u00e9 en 1953, il acquiert une renomm\u00e9e mondiale. Il s&rsquo;installe \u00e0 Amiens o\u00f9 il demeure une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Selon sa formule, il voulait prouver que les \u00ab naufrag\u00e9s meurent de d\u00e9sespoir \u00bb, non de faim ou de soif (voir la M\u00e9duse). De plus, son aventure rendra \u00e9vidents de nombreux points pratiques pour faciliter la survie des naufrag\u00e9s ; c&rsquo;est \u00ab la victoire du mou contre le dur \u00bb (les canots pneumatiques contre les chaloupes traditionnelles). Il donne des conf\u00e9rences (Connaissance du Monde), explique, met toute son \u00e9nergie pour convaincre. Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est chose faite, les d\u00e9riv\u00e9s du Zodiac de survie sont obligatoires sur les bateaux. Jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, Bombard re\u00e7ut des lettres de naufrag\u00e9s qui ont surv\u00e9cu gr\u00e2ce \u00e0 son exp\u00e9rience.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alain Bombard, n\u00e9 le 27 octobre 1924 dans le 5e arrondissement de Paris et mort le 19 juillet 2005 \u00e0 Toulon, est un docteur en biologie humaine. 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