Was I Really

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Si l’on observe l’oeuvre de Victor Vasarely, nous pouvons y voir de la géométrie, des contours et des à-plats, puis des couleurs organisées de manière à tromper l’oeil, comme lorsqu’elles lui font voir une 3ème dimension sur une surface plane. Dans une interview, il expliquait qu’il avait voulu supprimer le romantisme de sa peinture. Précurseur des arts numériques, il peignait pour la rétine, un véritable retour en arrière par rapport à la révolution duchampienne qui remettait en question l’art rétinien.

WAS I REALLY tente de remettre du romantisme dans du “Vasarely”.
Et à coups de canon !
Pour éclater les cases et laisser oeuvrer l’aléatoire. Nous ne doutons pas qu’une certaine forme de vie nouvelle viendra à apparaître quand la rigueur de la ligne lâchera prise. Chacun pourra s’amuser à y voir apparaître des tierces couleurs, des courbes, des matières nouvelles, des craquelures, des coulures.

WAS I REALLY remet au centre l’essence du graffiti.

Depuis ses origines, ce geste plastique naïf et insolent, est le symbole la liberté d’expression, totalement détaché de l’idée de possession, du marché de l’Art et de l’Histoire de l’Art. C’est l’Art accessible à tous, offert à qui veut bien le regarder.

En quelques décennies, cette pratique a connu un essor sans précédant dans le monde entier. Depuis une quinzaine d’années, les galeries ont compris l’intérêt et la richesse des propositions de ces artistes auto-proclamés. Conjointement à cela, les communes qui après avoir mis tout en oeuvre pour lutter contre, comprennent qu’il est préférable de l’encourager, commencent à offrir des façades à peindre aux nouvelles générations de graffeurs.

Il est amusant d’observer comment l’évolution de la terminologie est liée à la reconnaissance :
le taggeur condamné de tous,
est devenu graffeur dans les centres sociaux pour y faire des ateliers avec les jeunes,
puis un street-artist plus respectable pour entrer en galerie,
pour finir enfin muraliste (pour ceux qui peignent de grandes façades)
ou artiste urbain contemporain lorsqu’il est invité à exposer dans une foire d’art contemporain.

WAS I REALLY fait d’un groupe de gens lambda, les artistes reconnus et critiques, acteurs de l’Art libre.